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Quelques tres anciens poemes…

Introduction à mon premier cahier de poèmes (vers 13 ans)
« La poésie – un langage universel »


Chacun de nous abrite la poésie dans un coin secret de son cœur, même – surtout – ceux qui la rejettent… ou disent la rejeter.

Il n’est pas une chose, un sentiment, un lieu où elle serait absente ; on la trouve où que notre regard se pose : dans un larme de givre sur la fenêtre ou dans le sourire d’un ami retrouvé.

La poésie, ce n’est pas une suite d’alexandrins et de rimes, mais les personnes, les souvenirs, les regrets et les joies cachés derrière.

La poésie, c’est lorsque l’on réunit toutes les véritables merveilles du monde – de la foi et l’amour a l’espoir et l’amitié – pour former un tout désormais indivisible.

La poésie, c’est une mélodie que l’on se rechante, un secret que l’on partage… et j’aimerais partager avec vous, à travers ces quelques lignes, un partie de moi-même qui vous était peut-être voilée…

Il pleut chez moi
Novembre 1991 (13 ans)

Dans ma ville il pleut
Il pleut dans ma ville
Mais c’est là que je me sens bien
Que je me sens le mieux
Même s’il pleut
S’il pleut dans ma ville
Et dans ma vie
Il pleut à Bruxelles
Une pluie fine
Une pluie éternelle
A Bruxelles il pleut
Mais c’est la que je me sens le mieux
Il pleut dans ma ville
Et dans ma vie aussi
Il pleut toujours un peu
Où qu’on soit
Mais il pleut sur Bruxelles
Il pleut des pourquoi
Des pourquoi eternels
De la pluie
Mais de la joie aussi
Il pleut tu vois
Mais c’est là que je me sens bien
Que je me sens le mieux
Sous ces joies éternelles
Il pleut sur Bruxelles
Mais c’est là que je suis chez moi
Malgré la pluie
Malgré moi aussi
Il pleut chez moi…

Ballade en ré mineur
Décembre 1991, 13 ans

Le rythme ne suit plus la mesure en six-huit
Les dièzes du morceau ont tous pris la fuite
Aujourd’hui les symphonies ont le cafard
Sans parler des triples croches ou des bécarres

Malgré eux sans doute les forte s’adoucissent
Mélancoliques les staccato s’alourdissent
Les si et les sol ne sont plus vraiment d’accord
Peu à peu à son tour un point d’orgue s’endort

Là-bas un crescendo soupire doucement
Un mezzo piano s’efface lentement
Soudain les prestissimo font place aux bémols
Alors que ré majeurs et arpèges s’envolent

Les allegro se taisent alors tout à fait
Ainsi que les clés de sol et les triolets
Et dans un coin à travers ce triste silence
Une gamme mineure pleure ton absence

La Marelle

A Hélène, cette grande sœur grâce à qui j’ai survécu bien des cours…
Juillet 1992 (presque 14 ans)

La somme des carrés
Des côtés de l’angle droit est…
Emilie se perd
Emilie s’enfuit dans les rectangles
De la marelle
Et tant pis pour les triangles
Ils n’auront qu’à aller jouer
Comme elle
Ils n’auront qu’à se trouver une grande sœur
Pour leur apprendre la marelle
Ces jeux de vieux que sont les théorèmes
N’ont qu’à…
Emilie s’est enfuie retrouver Esther
Sa grande sœur
Pour sauter ensemble a la marelle
Et tant pis pour les douze ans
De son prochain anniversaire
Apres tout personne n’est là pour la critiquer
Sauf Esther
Qui de toute façon ne la critiquera jamais
D’avoir gardé un cœur d’enfant
Parce qu’elle l’aime
Et qu’elle ne voudrait surtout pas la blesser
Et parce qu’il y a huit ans
Esther elle aussi répétait
Que dans un triangle rectangle…
Et elle rêvait elle aussi
A atteindre le ciel
Pour oublier
Les jeux de vieux
Les jeux de ceux qui n’ont rien compris à la vie
Qui s’imaginent que le bonheur
C’est ces hypoténuses ces règles ces pièges ces ruses
Mais ce n’est pas de leur faute
Sans doute n’ont-ils pas de grande sœur
Avec qui s’enfuir des sommes des carrés
De grande sœur qui leur apprendrait
Que malgré la géométrie
Même dans une classe rectangle
La somme du carré du rire échangé
Entre deux sœurs qui s’aiment
Qui se comprennent
Qui ensemble se moquent de Pythagore et de son théorème
Dans une classe rectangle
La somme du carré
De l’amour échangé
Vaut plus que la vie.

Souvenirs et Présent

Le 25 mars 1993, exactement deux ans après le départ de Belgique…

Les jours se succèdent.
La vie continue.
La marée monte.
Les souvenirs s’effacent.
Mais voilà que l’enfant revient les dessiner
L’enfance revient se dessiner
Au large
Dans le lointain passé
A l’horizon d’un passé
Qu’on croyait oublié
Un passé jauni par les années

Ils sont comme ça les souvenirs
Comme les marées
(Les amitiés présentes qui peu à peu
Ensevelissent celles d’hier et d’avant-hier)
Comme l’enfant
(L’enfant qu’on pense avoir été
Au temps du bon vieux temps)

Les souvenirs viennent et s’en vont
Mais ils se moquent
De la vie qu’ils emportent quand ils s’en vont
Et quand ils la ramènent
On n’en veut plus
On la rejette
On n’en a plus besoin
On a appris à vivre sans elle
A vivre de rire et d’amitié
A se passer du passé

Alors la mémoire s’endort.
L a marée descend.
Les souvenirs s’en volent
(Du moins quelque temps)
Les jours se succèdent.

La vie continue…

Sans Titre

Octobre 1995, 17 ans
A Anne-Laure

C’était si simple en ce temps-là.
J’écrivais ton nom,
Et j’an faisais un poème :
C’était l’acte le plus naturel du monde –
Presqu’un reflexe.
Je pensais à toi,
Et un poème naissait.
C’était si simple.
Et voilà que tout à coup,
Des Années plus tard,
L’envie me prend.
(Mon style me regarde :
Il ne serait pas poli de le décevoir.)
Alors voilà.
Encore un poème –
Dédié au bon vieux temps
Ou tout était si simple,
Ou vivre était aussi simple qu’écrire un poème,
Et écrire était un reflexe ;
Le bon vieux temps
Où on croyait tout savoir
Sur la vie, l’amour, et notre foi.
Alors qu’aujourd’hui,
Des Années plus tard,
Je viens juste de découvrir
Que j’ai encore tout ca à découvrir.
Il ne rimera pas, ce poème.
(Voilà trop longtemps que je n’ai pas fait rimer un poème.)
Mais ça n’importe pas.
N’importe qui peut faire rimer amour et toujours,
Amitié et sentier,
Anne-Laure et Aurore.
Ce qui est difficile, c’est de faire danser les mots
(Comme ton rire qui danse au fond de tes yeux bleus).
Et voilà.
Il est tard.
Mais je voulais juste dire
Qu’il y a deux plaisirs que je n’oublierai jamais :
Celui de faire danser les mots
Et celui de te connaitre.
(Rimer, ca s’apprend.)

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